« Oui, je suis un prêtre heureux. »

Présent à Rome pour ses études, le chanoine Simone Previte, de l’Abbaye de Saint-Maurice, vit ces jours exceptionnels de sede vacante et de conclave depuis le cœur de l’Église. Dans cette atmosphère à la fois grave et pleine d’espérance, il partage avec justesse ce qu’il perçoit autour de lui : l’effervescence discrète, la prière qui monte, les conversations entre pèlerins et journalistes… « Il y a une ambiance assez particulière », résume-t-il, témoin privilégié d’un moment rare de la vie ecclésiale.

Installé à Rome pour quelques mois, le chanoine Simone Previte porte avec simplicité et conviction une vocation ancrée dans une histoire de migration, d’amitié et de fidélité à l’Église.

Né en Suisse dans une famille italienne venue s’y établir pour le travail, il grandit en Valais. C’est au collège de l’abbaye de Saint-Maurice qu’il commence à percevoir l’appel à la vie religieuse. « J’y ai rencontré une communauté vivante et joyeuse. C’est là que j’ai compris qu’on pouvait être prêtre, religieux, et heureux. »

Il ne s’agit donc pas d’un coup de foudre mystique, mais d’une expérience concrète et progressive qui l’amène à l’abbaye. Les années de formation l’aident à discerner : est-ce bien cela que je suis appelé à vivre ? La réponse devient claire. Il s’engage alors pleinement et est ordonné prêtre en juin 2023.

Aujourd’hui, il est envoyé à Rome pour une mission précise : suivre une formation au sein du Dicastère pour la cause des saints afin de devenir postulateur. Un rôle clé dans les procès de canonisation. « Les postulats accompagnent le parcours d’une figure vers la reconnaissance de sa sainteté, d’abord au niveau diocésain, puis ici, à Rome. C’est une grâce de pouvoir m’y former. »

Cette formation prend alors une tournure inattendue : elle coïncide avec le conclave de mai 2025. « Je ne suis pas appelé à vivre à Rome sur le long terme. Alors, être ici pendant cet événement exceptionnel est une chance inouïe. On sent une atmosphère particulière dans la ville. Il y a plus de monde sur la place Saint-Pierre, les médias sont plus présents et il y a une vraie ferveur. »

Simone confie également une certaine émotion : « Le pape François a profondément marqué ma vie. Le fait de lui dire au revoir n’est pas anodin. Nous prions pour lui, nous prions pour l’Église. »

Attaché à la vie de son abbaye et de son territoire, Simone voit dans cette période une occasion d’approfondir une question essentielle pour l’Église : « Comment concilier enracinement local et fidélité au magistère ? Le pape François a relancé une dynamique d’Église qui invite à la joie d’être chrétien là où l’on vit. C’est aussi notre mission, à Saint-Maurice. »

Et s’il devait adresser un message aux jeunes qui cherchent leur voie ? Il sourit : « François l’a souvent dit : la vocation est d’abord liée à la question du bonheur. La vraie question, c’est : où puis-je être en mission et heureux ? » Le reste vient ensuite. »