Carita à cœur ouvert : journalisme, communication et engagement en Église

3 juin 2022

Parler de mes engagements — passés, présents et à venir —, c’est raconter un chemin où se croisent journalisme, communication et engagement ecclésial, en Suisse comme au Portugal. Un parcours façonné par des choix forts, des convictions profondes et une passion intacte pour la communication.

Mes débuts : le journalisme comme vocation

À l’été 2006, j’entrais pour la première fois à l’université. J’étais le premier de ma famille à franchir ce pas. Un an plus tôt, en 2005, de violents incendies ravageaient le Portugal. Lors d’un direct au téléjournal, un journaliste et son caméraman furent piégés par les flammes, contraints de fuir sans interrompre la transmission.

Ce moment a été décisif. J’ai compris que le journalisme est un métier sans routine, sans temps mort, un métier de présence et de responsabilité. Avec une note d’entrée de 17,7/20, classé dans le top 10 de ma promotion, j’aurais pu choisir presque n’importe quelle voie. J’ai choisi celle de la communication.

Le journalisme — et plus largement la communication — est resté mon grand amour. C’est le métier que j’ai choisi, celui auquel je me suis formé, et celui pour lequel je serais prêt à tout quitter.

Communication et Église : une expérience fondatrice

Avant mon arrivée en Suisse en 2012, je comptais déjà trois années d’expérience professionnelle, notamment au service communication du Patriarcat de Lisbonne en 2010. Cette période a coïncidé avec la visite du pape Benoît XVI au Portugal (Lisbonne, Fátima et Porto).

J’y ai découvert la force de la communication institutionnelle dans la vie de l’Église catholique, sa capacité à informer, à rassembler, mais aussi à transformer les perceptions et les opinions.

L’arrivée en Suisse et l’engagement pastoral

En arrivant en Suisse, une rencontre a été déterminante : le père Henrique Januário, lors de notre préparation au mariage. À cette époque, j’étais catéchiste auprès de jeunes en préparation à la confirmation à Montreux, au sein de la mission portugaise du canton de Vaud, et je cherchais du travail.

Malgré des réticences initiales quant à ma capacité à mener à bien la formation de l’IFM, j’ai été engagé au sein de la mission lusophone du canton de Fribourg, où j’ai travaillé pendant trois ans tout en suivant cette formation.

À l’issue de ce parcours, des changements internes ont marqué la mission. Mon chemin s’est alors poursuivi grâce à Mgr Remy Berchier, qui m’a intégré dans la pastorale des jeunes, comme aumônier de CO, puis au service de Formation et accompagnement.

La communication aujourd’hui : un engagement choisi

Parmi tous mes engagements en Église, la communication est le seul poste que j’ai explicitement demandé. J’avais la conviction de pouvoir être utile, d’avoir les outils nécessaires et d’incarner la devise de mon université :

« Si je suis un journaliste de plus, je suis un journaliste de trop. »

Je n’exerce pas cette mission pour des raisons financières. La grille salariale ne reconnaît pas la spécificité du travail de communication, et, hormis l’ordinateur, j’utilise mon matériel personnel.

Je crois profondément que la communication de l’Église a un potentiel immense :

  • comme laboratoire d’idées,

  • comme outil de formation pour les paroisses et communautés religieuses,

  • comme pont vers un public plus large, souvent éloigné du langage ecclésial.

À ce titre, je m’inspire beaucoup des réflexions du père Antonio Spadaro sj.

L’aumônerie : entre utilité et limites

L’aumônerie est le seul engagement que j’ai conservé après avoir quitté la mission portugaise en 2017. Cinq années de découverte, mais aussi de frustration.

J’ai parfois le sentiment que l’Église se repose sur l’existence des aumôneries pour affirmer qu’il existe une pastorale des jeunes, tout en laissant s’éteindre toute autre dynamique jeunesse en paroisse, en dehors des parcours de confirmation.

C’est aujourd’hui le maillon le plus fragile de mon engagement — et celui que je serais prêt à céder.

L’enseignement : une surprise devenue évidence

L’enseignement est arrivé presque par hasard, lorsque j’ai accepté de remplacer une collègue durant son congé maternité. Ironie du parcours : devenir enseignant était précisément ce que je ne voulais pas, ayant très mal vécu ma scolarité obligatoire.

Et pourtant, à l’école, je me sens à ma place. Les questions des élèves, le désir de leur transmettre le Christ et la qualité de l’équipe pédagogique du CO de Jolimont me nourrissent au quotidien.

L’école est aussi le seul lieu où je rencontre des personnes de mon âge, avec des parcours et des intérêts similaires. Elle est mon ancrage dans le monde réel.

Je resterai dans l’enseignement aussi longtemps que l’Église et l’école me confieront des heures d’enseignement religieux. Les heures d’éthique sont intéressantes financièrement, mais ne constituent pas une motivation de fond.

Un avenir multiculturel : l’Église de Pentecôte

Récemment, un nouveau projet s’est présenté : la création d’une Église de Pentecôte multiculturelle dans le décanat de Fribourg.

Ce qui m’a d’abord semblé être un simple bouche-trou s’est rapidement transformé en évidence. Mon travail de diplôme à l’IFM portait justement sur les missions linguistiques comme chance pour l’Église locale, à travers le prisme de l’émigration.

Très vite, j’ai senti que ce projet me correspondait pleinement. Depuis, mon esprit bouillonne de stratégies, d’idées et de pistes concrètes pour faire vivre cette communauté multiculturelle. À tel point que je pourrais même m’y engager bénévolement.

Published On: 3 juin 2022Categories: Sur moi929 wordsViews: 19